Atelier CEDEAO sur la RGSS organisé au Sénégal: l’ASSN et ses partenaires clôturent la Phase 1

Dans le but de diffuser les principes de gouvernance énoncés dans le Cadre politique de la CEDEAO pour la réforme et la gouvernance du secteur de la sécurité (RGSS), l’African Security Sector Network (ASSN) et ses organisations partenaires ont lancé la dernière étape d’une série d’ateliers nationaux pilotes à l’Hôtel & Résidence Le Ndiambour de Dakar, au Sénégal. Du 14 au 16 mars 2022, les parties prenantes intersectorielles venues des ministères, organismes, institutions et organisations locales sénégalaises prendront part aux réflexions d’envergure sur la RGSS dans les pays de la CEDEAO, avec un accent mis sur le Sénégal.

Cet atelier de formation marque la fin de la première phase du projet relatif à l’Architecture et aux opérations de paix et de sécurité de la CEDEAO (Projet EPSAO) financé par la GIZ, visant à diffuser et à promouvoir la connaissance du Cadre politique de la CEDEAO sur la GRSS au sein des États membres, tel que prescrit par l’Autorité des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation. Le projet bénéficie d’un financement conjoint de l’Union Européenne et du Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ). Avant l’atelier qu’abrite le Sénégal, l’ASSN a organisé avec succès des ateliers similaires en Guinée-Bissau et en Gambie en janvier et février 2022 respectivement. Parmi les dignitaires ayant honoré ce rendez-vous, des représentants venus de la Délégation de l’Union Européenne (UE), des ministères des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, de la Justice et de l’Intérieur et de l’Assemblée nationale, les décideurs politiques, les experts, les officiers des forces armées, de la police, des services pénitentiaires et d’autres services de sécurité, ainsi que des experts de la société civile (OSC), de l’UNOWAS et des partenaires de développement.

Lors de la cérémonie d’ouverture, M. Malick Diouf, Conseiller aux Affaires étrangères, en fonction au sein de la Direction Afrique et Union africaine du Ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, a représenté le Ministre et chaleureusement accueilli les participants au nom du gouvernement du Sénégal. Ce dernier a souligné que les ateliers de Dakar traduisent la détermination des États membres de la CEDEAO à mettre en œuvre la RGSS dans leur région. Selon lui, il s’agit d’une plateforme multidimensionnelle de discussion sur les stratégies à adopter pour faire face aux nouveaux défis en matière de sécurité, notamment l’extrémisme violent et la piraterie maritime. M. Diouf a déploré les violences qui ont récemment secoué le Sahel, ainsi que la résurgence des coups d’État en Afrique de l’Ouest. Il a également suggéré que cet atelier soit l’occasion de discuter des solutions envisageables pour répondre aux problèmes sécuritaires qui minent la région. Il a évoqué le changement anticonstitutionnel de gouvernement au Mali et au Burkina Faso, ajoutant que le Sénégal était sérieusement préoccupé par l’insécurité qui règne dans la région. M. Diouf a appelé à un effort de collaboration pour réduire les problèmes de sécurité, en raison de leur incidence sur la stabilité de chaque État membre de la CEDEAO. Il a également exprimé l’espoir que ces trois jours de travaux contribueront à améliorer la mise en œuvre des politiques de sécurité du Sénégal.

  1. Christoph Pelzer, Représentant la Délégation de l’UE au Sénégal, a prononcé une brève allocution au nom de l’UE et de la GIZ. Après avoir souligné l’importance du projet EPSAO dans la promotion du Cadre politique sur la RGSS, il a relevé que l’atelier intervient en temps opportun, au moment où la région est confrontée à une évolution des défis sécuritaires. Par conséquent, il contribuera à la consolidation de la gouvernance démocratique et à l’amélioration de la gouvernance du secteur de la sécurité. Il a, d’une manière particulière, tenu à féliciter la CEDEAO pour avoir élaboré un cadre politique conforme aux meilleures pratiques internationales en matière de RGSS. Ce cadre politique, a-t-il ajouté, constitue une pierre angulaire du changement. Par la suite, il a rappelé la longue démarche participative qui a abouti à l’adoption du cadre politique, tout en félicitant les États membres pour son lancement en novembre 2021, toute chose qui témoigne de leur détermination à améliorer la sécurité humaine dans la région. Par ailleurs, M. Pelzer a exprimé l’espoir que nourrit l’UE de voir l’appropriation locale des efforts en matière de RGSS produire un impact direct sur la vie des citoyens. Il a terminé en encourageant les acteurs à promouvoir le dialogue sur la RSS au-delà de cet atelier de formation, ceci à travers le plaidoyer et les partenariats.

Présidente de l’ASSN, le Dr Niagalé Bagayoko a fourni des éclairages sur ce think-tank, sa nature et sa structure, ainsi que les activités qu’il mène. Après avoir remercié l’UE et la GIZ pour leur soutien indéfectible dans la diffusion du cadre politique de la CEDEAO sur la RGSS, elle a expliqué de manière détaillée le rôle joué par l’ASSN dans sa rédaction, tout en saluant son adoption en 2016 et son lancement en 2021. En outre, le Dr Niagalé Bagayoko a salué les efforts déployés par la CEDEAO en matière de prévention des conflits, notant toutefois la nécessité pour l’organisation régionale d’admettre la vétusté d’un certain nombre de ses institutions et mécanismes de sécurité, étant donné que la région fait face à des conflits d’une nature différente de ceux observés par le passé. Il est dès lors nécessaire d’enrichir et de réformer le cadre de manière proactive. En guise de conclusion, la Présidente de l’ASSN a souligné que la panacée à la pléthore de défis sécuritaires auxquels l’Afrique est confrontée se trouve entre les mains des Africains eux-mêmes. Elle a exprimé l’espoir que l’atelier puisse contribuer non seulement à la diffusion du cadre politique, mais aussi à son enrichissement sur la base d’expériences spécifiques de chaque pays. Pour finir, elle a encouragé les participants à considérer cette formation comme une opportunité d’enrichissement mutuel, et appelé à leur coopération dans l’atteinte de ses objectifs.